Près de 400 jours dans l’espace, deux missions devenues légendaires et une question qui revient sur Terre : quel est le salaire de Thomas Pesquet ? En 2026, la grille de l’Agence spatiale européenne affiche 9 116,67 € nets par mois au premier échelon A4 en Allemagne. C’est le repère officiel pour comprendre la rémunération d’un astronaute expérimenté ; le montant individuel dépend de son échelon et de sa situation professionnelle.
La fortune de Thomas Pesquet est estimée à environ 800 000 euros. Derrière sa popularité, l’histoire financière du Français reste celle d’une longue carrière technique, commencée bien avant ses décollages. Ingénieur, pilote de ligne, astronaute puis dirigeant de Novespace : son parcours mérite mieux qu’une simple multiplication du prix de ses livres par leurs ventes.
Thomas Pesquet
Salaire de Thomas Pesquet : ce que représente le grade A4
Le chiffre de référence en 2026
La grille officielle ESA 2026 donne les rémunérations du premier échelon, par pays d’emploi. Pour l’Allemagne, où se trouve le Centre européen des astronautes près de Cologne, les trois grades du parcours astronautique offrent les repères suivants :
| Grade | Repère mensuel net, Allemagne | Équivalent sur douze mois |
|---|---|---|
| A2 | 6 358,49 € | environ 76 300 € |
| A3 | 7 846,35 € | environ 94 200 € |
| A4 | 9 116,67 € | environ 109 400 € |
Ces montants intègrent déjà les retenues pour fiscalité interne, protection sociale et retraite. Les allocations éventuelles viennent ensuite. Le pays compte : le premier échelon A4 atteint par exemple 9 248,85 € nets en France. La nationalité française d’un astronaute ne suffit donc pas à sélectionner la colonne France.
Le chiffre souvent repris de 8 886 à 9 778 euros par mois appartient aux estimations diffusées par la presse, notamment Hellowork. Pour parler de 2026, la grille datée permet une comparaison plus précise : même grade, même pays, même définition du net.
Pourquoi le salaire évolue avec les missions
Les conditions de recrutement des astronautes de l’ESA décrivent une progression particulière : entrée généralement en A2, passage en A3 après la formation initiale, puis promotion habituelle en A4 après le premier vol spatial. Thomas Pesquet a franchi ces grandes étapes avec sa sélection en 2009 et Proxima en 2016-2017.
Le grade reconnaît un niveau de qualification et de responsabilité. L’échelon situe ensuite la personne à l’intérieur de ce grade. Un tableau indiquant seulement le premier échelon ne raconte donc pas toute une carrière. C’est aussi pourquoi une hausse de la grille annuelle ne se confond pas avec une promotion individuelle.
Thomas Pesquet dans l’ISS
Allocations, protection sociale et retraite
L’ESA prévoit des allocations liées à l’expatriation ou à la situation familiale, ainsi qu’un accompagnement des déménagements professionnels. Leur attribution dépend des conditions personnelles. Elles ne constituent pas un bonus identique versé à tous les astronautes chaque fois qu’une fusée décolle.
La rémunération s’inscrit aussi dans un ensemble de garanties : couverture médicale internationale, assurance et acquisition de droits à retraite. La page What we offer de l’ESA précise qu’une pension devient accessible après dix années de service, à l’âge applicable. Ces droits futurs appartiennent à la protection sociale du salarié ; ils ne représentent pas une somme immédiatement disponible sur son compte bancaire.
Pour comparer avec le revenu d’un élu, comme dans notre portrait de Fabien Roussel, il faut également séparer salaire, allocations et dépenses professionnelles. Un remboursement destiné à couvrir un déplacement ne procure pas le même enrichissement qu’une rémunération librement disponible.
Fortune de Thomas Pesquet : environ 800 000 euros
Une fortune estimée à 800 000 € place Thomas Pesquet dans une tout autre catégorie que les grandes fortunes propriétaires d’entreprises spatiales. Son principal atout économique est une expertise rare, construite au fil d’emplois hautement qualifiés. La durée de ce parcours compte davantage que le retentissement d’un seul événement télévisé.
Salaire et patrimoine répondent à deux questions différentes. Le premier rémunère une activité pendant un mois ou une année. Le second correspond au capital conservé au fil du temps, après les dépenses et les engagements financiers. Même un revenu annuel à six chiffres ne se transforme pas intégralement en richesse accumulée.
Cette distinction éclaire le contraste entre Pesquet et Elon Musk. L’astronaute contribue aux missions ; l’entrepreneur détient des participations dans les sociétés qui développent une partie des technologies. Pour Jeff Bezos, l’aventure spatiale s’inscrit elle aussi dans une histoire de propriété et d’investissement. Le même univers industriel peut ainsi produire des trajectoires financières radicalement différentes.
Thomas Pesquet
De Rouen à Air France : une carrière déjà lancée avant l’espace
Né le 27 février 1978 à Rouen, Thomas Pesquet obtient son diplôme d’ingénieur aéronautique en 2001, après un échange à Polytechnique Montréal. Il travaille chez GMV à Madrid, puis au CNES de 2002 à 2004, sur l’autonomie des missions spatiales.
Le tournant suivant arrive avec sa sélection pour la formation des pilotes Air France en 2004. Diplômé en 2006, il vole sur Airbus A320 et devient instructeur. Sa biographie ESA mentionne plus de 2 300 heures de vol sur avions commerciaux. Cette expérience opérationnelle complète son bagage scientifique.
Il rejoint l’ESA en septembre 2009 et termine sa formation initiale en novembre 2010. Avant le départ, il travaille notamment comme Eurocom, interlocuteur des équipages depuis le contrôle au sol. L’attente du premier vol est donc une période d’activité professionnelle à part entière.
En 2023, dans un entretien au Monde, il expliquait qu’une carrière poursuivie chez Air France aurait été plus rémunératrice. Un aveu révélateur : l’espace représentait pour lui un choix de vocation, avec les contraintes et les sacrifices qui l’accompagnent.
Proxima et Alpha : les exploits derrière la rémunération
Proxima, du 17 novembre 2016 au 2 juin 2017
Son premier décollage transforme un spécialiste connu des milieux aéronautiques en visage familier des Français. À bord de Soyouz MS-03, il rejoint l’ISS pour Proxima. Le retour au Kazakhstan, le 2 juin 2017, clôt près de 197 jours de vol.
L’ESA a dressé un bilan de plus de 60 expériences : cerveau humain, rayonnement, comportement des atomes, courants océaniques et matériaux spatiaux. Deux sorties extravéhiculaires complètent ce programme. La mission montre à quel point l’astronaute combine plusieurs fonctions : expérimentateur, technicien de maintenance et membre d’un équipage soumis à un calendrier exigeant.
Le travail continue après l’atterrissage. Les examens médicaux et les échanges avec les scientifiques permettent d’étudier les effets de la microgravité et d’exploiter les données. L’image du retour triomphal n’est donc que le début d’une nouvelle phase de la mission.

Alpha, du 23 avril au 9 novembre 2021
Pour sa deuxième mission, Thomas Pesquet embarque dans Crew Dragon Endeavour, avec Shane Kimbrough, Megan McArthur et Akihiko Hoshide. Le séjour dure près de 200 jours. La capsule de SpaceX assure le transport de Crew-2 dans le cadre du programme des partenaires de l’ISS.
Durant Alpha, le Français participe à un programme de 200 investigations, dont 40 européennes et 12 nouvelles expériences pilotées par le CNES. Ses quatre sorties dans le vide servent notamment à installer des équipements pour les nouveaux panneaux solaires de la station. Au retour, son cumul atteint 39 heures et 54 minutes de sorties spatiales.
Le bilan ESA du 9 novembre 2021 cite aussi des études sur l’audition, la perception du temps et la coordination œil-main. Ce sont des exemples concrets du travail rémunéré derrière les images spectaculaires.

Premier commandant français de l’ISS
Le 4 octobre 2021, il prend la relève d’Akihiko Hoshide comme commandant de l’équipage. Il devient le premier Français et le quatrième Européen à occuper cette fonction.
Le commandement implique de veiller au bon fonctionnement du collectif, au moral et au bien-être des astronautes. Les directeurs de vol au sol conservent la conduite générale des opérations hors urgence à bord. Ce partage des rôles montre que le prestige du titre s’accompagne d’une responsabilité humaine très concrète : permettre à chacun de réaliser son travail dans un environnement où l’entraide est essentielle.
Livres : un succès qui profite aussi aux associations
Terre(s) puis La Terre entre nos mains prolongent ses missions grâce à ses photographies. Les villes, les reliefs et les paysages observés depuis l’orbite deviennent accessibles au public dans des albums. Mais leurs retombées ne se lisent pas comme celles d’un catalogue de best-sellers ordinaires.
En octobre 2023, l’ESA annonçait que les droits de ses premiers livres avaient permis de réunir plus d’un million d’euros pour les Restos du Cœur, soit le financement de plus de 1,4 million de repas. Ce million est un apport à l’association.
La même année paraissent Ma vie sans gravité, son autobiographie, et Thomas Pesquet raconte notre planète bleue, destiné aux jeunes lecteurs. Les droits de ce dernier ouvrage sont orientés vers Aviation Sans Frontières, dont il est ambassadeur depuis 2019. Ses activités d’auteur prolongent donc aussi son engagement de transmission et de solidarité.

Novespace : le nouveau chapitre professionnel de 2025
La carrière de Thomas Pesquet prend une nouvelle dimension lorsqu’il devient directeur général de Novespace en avril 2025. Basée à Bordeaux-Mérignac, cette société réalise des vols paraboliques avec l’Airbus A310 Zero G pour permettre aux chercheurs de travailler en microgravité.
Selon le GIFAS, il rejoint cette direction aux côtés du président Thierry Gharib et de Jean-François Clervoy, président d’honneur. La fonction n’est pas exercée à temps plein et reste compatible avec sa préparation à d’éventuelles missions spatiales.
Cette nomination réunit ses deux métiers historiques : comprendre les besoins de la recherche et piloter des appareils complexes. Elle ajoute une responsabilité d’entreprise à son parcours. Le poste de dirigeant désigne toutefois une fonction ; la propriété du capital relève d’une autre question. L’avion exploité par Novespace reste un outil de la société.

Grade militaire, vie quotidienne et projets
Colonel de réserve depuis 2024
Thomas Pesquet devient colonel de réserve opérationnelle de l’armée de l’Air et de l’Espace en août 2024. Le ministère des Armées annonce son arrivée à la 31e escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégique, pour piloter l’A330 MRTT Phénix.
Cette fonction concerne le transport à longue distance et le ravitaillement en vol. Elle prolonge un engagement dans la réserve citoyenne commencé en 2017. Son expertise des vols habités doit également bénéficier au Commandement de l’Espace. Son parcours initial d’astronaute civil et son grade militaire acquis ensuite sont donc deux étapes successives.
Une célébrité qui change le quotidien
Dans son entretien à La Dépêche, il décrit une vie au sol faite de réunions, de courses et d’entraînement physique. Il évoque aussi le poids des déplacements sur ses relations personnelles, ainsi que les sollicitations liées à la notoriété.
Ce récit donne une image plus concrète de son mode de vie que les fantasmes entourant les héros de l’espace. Son couple avec Anne Mottet est devenu connu du public, mais son ambition professionnelle reste au centre de ses prises de parole. Le prochain grand défi qu’il évoquait dans cet entretien était la Lune : une perspective d’exploration qui prolonge le chemin commencé avec Proxima.
Anne Mottet et Thomas Pesquet

Questions fréquentes sur Thomas Pesquet et ses revenus
Combien gagne Thomas Pesquet par mois en 2026 ?
Le repère ESA pour un A4 au premier échelon en Allemagne est 9 116,67 € nets mensuels. C’est une référence de grille, à distinguer de sa rémunération individuelle, qui dépend de l’échelon et des fonctions exercées.
Quelle est la fortune de Thomas Pesquet ?
Sa fortune est estimée à environ 800 000 euros. Son parcours économique repose sur ses activités d’ingénieur, de pilote et d’astronaute, auxquelles s’ajoute depuis 2025 une responsabilité à la direction de Novespace.
SpaceX verse-t-il son salaire d’astronaute ?
Son vol dans Crew Dragon relevait de sa mission pour l’ESA. Voyager dans une capsule SpaceX ne constitue pas un contrat de travail personnel avec l’entreprise d’Elon Musk.
Ses livres lui ont-ils rapporté un million d’euros ?
Le million annoncé par l’ESA en 2023 correspond aux droits reversés aux Restos du Cœur par ses premiers ouvrages. Il s’agit de recettes caritatives, pas d’un million ajouté à sa fortune personnelle.
Quel est son grade militaire ?
Il est colonel de réserve opérationnelle depuis août 2024, après un engagement dans la réserve citoyenne. Sa formation et ses débuts professionnels se sont déroulés dans l’ingénierie et l’aviation civile.
Thomas Pesquet est-il devenu chef d’entreprise ?
Il est directeur général de Novespace depuis avril 2025, dans une fonction annoncée à temps partiel. La société organise des vols en microgravité, au croisement de son expérience du pilotage et de la recherche spatiale.
À retenir
- Le grade A4 débute à 9 116,67 € nets mensuels en Allemagne dans la grille ESA 2026 : un repère de rémunération, distinct du salaire individuel de Pesquet.
- La fortune de Thomas Pesquet est estimée à environ 800 000 € après sa carrière d’ingénieur, de pilote et d’astronaute.
- Les droits de ses premiers livres avaient apporté plus d’un million d’euros aux Restos du Cœur en octobre 2023.
- Premier commandant français de l’ISS en 2021, il devient colonel de réserve en 2024 puis directeur général de Novespace en 2025.
Méthodologie éditoriale
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