Un empire d’assurance, des hippodromes américains, des logiciels vendus à un géant du jouet : les politiciens les plus riches du Canada ont souvent fait fortune loin des bancs du Parlement. Au sommet de cette sélection, Hal Jackman et sa famille affichent une fortune estimée à 3,7 milliards de dollars canadiens. Derrière lui, Belinda Stronach et Kevin O’Leary incarnent deux autres voies vers les centaines de millions : l’industrie et la puissance d’une marque personnelle.
La politique réunit ici des destins très différents. Doug Ford dirige toujours l’Ontario, Justin Trudeau et Jagmeet Singh ont quitté leurs fonctions nationales en 2025, tandis que Brian Mulroney appartient désormais à l’histoire : son patrimoine présenté ci-dessous est celui estimé à son décès en 2024. Entre fortunes personnelles et dynasties familiales, voici dix parcours où l’argent, les affaires et la vie publique se croisent.
Les 10 fortunes de la politique canadienne en un coup d’œil
| Place | Personnalité | Fortune estimée en dollars canadiens | Origine principale |
|---|---|---|---|
| 1 | Hal Jackman et sa famille | 3,7 milliards | Assurance et placements |
| 2 | Belinda Stronach | 800 millions | Intérêts dans le groupe Stronach |
| 3 | Kevin O’Leary | 550 millions | Entreprises, investissements et télévision |
| 4 | Paul Martin et sa famille | 300 millions | Transport maritime et investissements familiaux |
| 5 | Brian Mulroney, à son décès en 2024 | 100 millions | Droit des affaires, conseils et actions |
| 6 | Bill Morneau | 60 millions | Morneau Shepell et capital financier |
| 7 ex æquo | John Tory | 50 millions | Direction d’entreprises, droit et placements |
| 7 ex æquo | Doug Ford | 50 millions | Imprimerie et capital entrepreneurial |
| 9 | Justin Trudeau | 10 millions | Héritage, carrière et conférences |
| 10 | Jagmeet Singh | 2 millions | Droit, mandats politiques et épargne |
1. Hal Jackman et sa famille : 3,7 milliards de dollars canadiens
La fortune de Hal Jackman et de sa famille est estimée à environ 3,7 milliards de dollars canadiens. Le montant place cette dynastie financière largement devant les autres noms de la sélection. Son ancrage : E-L Financial, une société torontoise d’investissement et d’assurance dont les Jackman constituent le premier groupe d’actionnaires.

Henry Newton Rowell « Hal » Jackman a prolongé l’œuvre de son père, Harry Jackman, homme d’affaires et ancien député. Il a développé les activités financières du groupe pendant plusieurs décennies. L’assurance crée une base d’activité durable ; les placements ajoutent le potentiel de valorisation à long terme. Cette combinaison explique la profondeur d’une richesse transmise sur plusieurs générations, plutôt qu’une fortune apparue au détour d’une élection.
Dans la vie publique, Jackman a exercé la fonction de lieutenant-gouverneur de l’Ontario de 1991 à 1997. Il représentait la Couronne dans la province, une charge distincte de celle du premier ministre provincial. Son fils Duncan a ensuite pris la direction opérationnelle d’E-L Financial comme président du conseil, président et chef de la direction. Le nom de famille reste ainsi attaché au groupe, même lorsque ses responsabilités changent de mains.
Un mécène capable de donner 80 millions
Son argent a aussi laissé une empreinte spectaculaire à l’Université de Toronto. En septembre 2025, l’établissement a annoncé un nouveau don de 80 millions de dollars, portant à 100 millions ses contributions à la faculté de droit. Sur ce nouveau don, 35 millions sont destinés aux bourses et aux programmes pour les étudiants. La faculté porte désormais son nom, Henry N.R. Jackman.
L’ancien chancelier, qui occupa cette fonction universitaire de 1997 à 2003, avait déjà soutenu les humanités et les bâtiments du campus. Ces engagements donnent un visage concret à sa philanthropie : formation juridique, recherche et accès aux études. Comme les dynasties présentées dans notre classement des Québécois les plus riches, les Jackman combinent capital d’entreprise, transmission familiale et institutions portant leur empreinte.
2. Belinda Stronach : 800 millions de dollars canadiens
La fortune de Belinda Stronach est estimée à environ 800 millions de dollars canadiens. Son histoire commence dans l’automobile avec Magna International, le géant des équipements fondé par son père Frank Stronach. Elle y exerce des responsabilités de premier plan, notamment comme présidente et chef de la direction au début des années 2000, avant de passer à la politique fédérale.

La carrière politique de Belinda est courte mais mouvementée. Candidate à la direction du Parti conservateur en 2004, elle devient députée de Newmarket—Aurora. En 2005, elle rejoint les libéraux et entre dans le gouvernement de Paul Martin. Son mandat parlementaire prend fin en 2008. L’essentiel de son parcours patrimonial se joue néanmoins dans l’entreprise, avec des rémunérations de dirigeante et des intérêts économiques issus de la construction du groupe familial.
Des pièces automobiles aux courses hippiques
Son univers actuel est celui du Stronach Group et de sa marque 1/ST, qui associent courses de chevaux, paris, technologies et divertissement. Belinda en est présidente du conseil et chef de la direction. Santa Anita Park, en Californie, et Gulfstream Park, en Floride, comptent parmi les sites emblématiques du groupe. Les grands rendez-vous hippiques s’accompagnent d’hospitalité, de partenariats commerciaux, de contenus audiovisuels et de services numériques.
La société présente une activité traitant plus de 3,2 milliards de dollars américains de mises par an. Ces mises transitent par les activités du groupe ; ses recettes proviennent des services de courses, de paris et des autres métiers qui les entourent. La valeur des intérêts de Belinda repose donc sur un ensemble entrepreneurial beaucoup plus large que l’image d’une propriétaire de chevaux.
L’accord familial de 2020 marque un tournant. Belinda conserve le contrôle des activités de courses, de jeux et des actifs immobiliers associés. Frank et Elfriede reprennent, dans leur propre structure, les élevages et différentes activités agricoles, notamment celles liées à Adena. Cette séparation clarifie la trajectoire de Belinda : son avenir économique se construit autour du spectacle hippique et de ses infrastructures, avec une activité présente des deux côtés du continent américain.
3. Kevin O’Leary : 550 millions de dollars canadiens
La fortune de Kevin O’Leary est estimée à environ 550 millions de dollars canadiens. Pour beaucoup, il reste « Mr. Wonderful », l’investisseur au ton mordant de Shark Tank. Mais avant les plateaux télévisés, son premier grand terrain de jeu était le logiciel vendu au grand public.

Après une expérience en marketing chez Nabisco, il cofonde SoftKey dans les années 1980. L’entreprise grandit en rachetant des concurrents, puis adopte le nom The Learning Company. Son portefeuille réunit notamment des logiciels éducatifs et familiaux. La vente à Mattel, en 1999, transforme ce parcours en grande opération de l’industrie technologique. Le montant de la transaction concerne l’ensemble de l’entreprise et de ses actionnaires ; O’Leary y réalise sa propre sortie d’entrepreneur.
Il poursuit ensuite dans plusieurs directions : participation dans le stockage avec Storage Now, gestion de fonds et investissements dans de jeunes entreprises. O’Leary Funds est vendu en 2015, une étape supplémentaire dans un parcours fait de créations, de participations et de cessions. L’homme d’affaires utilise aussi sa notoriété pour développer sa présence dans l’univers financier et attirer de nouveaux projets.
La télévision devient un accélérateur
Dragons’ Den au Canada puis Shark Tank aux États-Unis font de lui un visage familier pour des millions de téléspectateurs. Il ne se contente plus d’investir : il met en scène la négociation, les marges et le retour sur investissement. Son personnage, parfois cassant, devient une marque qui soutient ses interventions, ses livres et ses partenariats.
Ce capital médiatique le rapproche de certaines fortunes de chanteurs canadiens : la notoriété ouvre plusieurs sources de revenus, même si les métiers restent très différents. Chez O’Leary, chaque apparition peut aussi faire connaître une société dans laquelle il a investi.
Son lien avec la politique tient à sa candidature à la direction du Parti conservateur en 2017. Il se retire avant le vote final, après quelques mois de campagne. Il n’a donc pas été député, ministre ou premier ministre. Sa place ici correspond à cette incursion nationale remarquée, au croisement des affaires, de la télévision et du débat politique canadien.
4. Paul Martin et sa famille : 300 millions de dollars canadiens
La fortune de Paul Martin et de sa famille est estimée à environ 300 millions de dollars canadiens. Avant d’être ministre des Finances, puis premier ministre du Canada de 2003 à 2006, Paul Martin construit une carrière dans le transport maritime. Son nom reste indissociable de Canada Steamship Lines, ou CSL.

En 1981, Martin et Laurence Pathy rachètent CSL à Power Corporation. L’entreprise possède une histoire ancienne sur les Grands Lacs et le Saint-Laurent. Martin veut lui donner une dimension internationale, en misant notamment sur les navires autodéchargeurs : leur équipement permet de décharger des cargaisons sans dépendre entièrement des installations portuaires classiques.
En 1988, il devient seul propriétaire de CSL. Les autres intérêts historiques, dont certaines activités de transport et d’immobilier, suivent une organisation distincte entre les familles Martin et Pathy. La croissance maritime exige des investissements importants dans les navires, leur modernisation et l’expansion géographique. L’entreprise traverse aussi des périodes difficiles, ce qui donne à cette fortune une histoire industrielle plus contrastée qu’une simple succession de bénéfices.
La transmission à ses trois fils
En 2003, Paul Martin transmet ses intérêts dans CSL à Paul Jr., David et James. La direction actuelle présente bien les trois fils parmi les propriétaires du groupe. Le patrimoine familial s’inscrit donc dans la continuité de l’entreprise, tandis que le père poursuit son parcours public puis philanthropique.
La présence d’un navire portant le nom Rt. Hon. Paul J. Martin illustre cette relation durable. Il s’agit d’un navire commercial de CSL, intégré à ses opérations sur les Grands Lacs et la voie maritime. L’actif appartient à l’entreprise qui l’exploite, et son nom honore l’ancien dirigeant.
En 2008, Paul Martin et sa famille créent l’Initiative de la Famille Martin, engagée auprès des peuples autochtones, notamment dans l’éducation et le développement des jeunes. Le projet prolonge une partie de ses priorités politiques. Sa trajectoire réunit ainsi trois chapitres bien identifiés : bâtir une entreprise internationale, exercer de hautes fonctions, puis consacrer une partie de son engagement à des projets éducatifs et communautaires.
5. Brian Mulroney : une fortune estimée à 100 millions à son décès
La fortune de Brian Mulroney à son décès, le 29 février 2024, est estimée à environ 100 millions de dollars canadiens. L’ancien premier ministre, qui a dirigé le Canada de 1984 à 1993, a ensuite consacré trois décennies au droit des affaires, au conseil et aux conseils d’administration de grandes entreprises.

Né à Baie-Comeau, sur la Côte-Nord du Québec, Mulroney devient avocat puis dirigeant d’entreprise avant son ascension politique. Cette première carrière lui apporte une connaissance concrète des négociations, des organisations industrielles et des relations avec les grandes sociétés. Son passage à la tête du gouvernement amplifie ensuite son réseau international et la portée de ses interventions.
Après 1993, il reprend une activité dans le privé. Ses fonctions dans des groupes comme Québecor, Barrick Gold et Blackstone lui donnent accès à des rémunérations de conseil et d’administration, ainsi qu’à des titres liés à ces responsabilités. Les actions constituent un élément important de cette trajectoire : conservées sur de longues périodes, elles font évoluer un patrimoine au-delà des seuls honoraires encaissés.
Québecor, un lien de plus de vingt ans
Québecor lui rend hommage comme à un administrateur de plus de vingt ans, devenu président du conseil en 2014. Son lien avec le groupe remontait même aux premières négociations collectives du Journal de Montréal, dans les années 1970. La relation couvre donc plusieurs transformations de l’entreprise, de la presse traditionnelle aux télécommunications et aux médias numériques.
La circulaire de Québecor détaille pour 2023 295 000 dollars d’honoraires de conseil et 476 251 dollars de rémunération en unités d’actions différées. Ces montants correspondent à cette année et à ces responsabilités. Ils montrent comment une activité de gouvernance peut réunir revenus immédiats et capital lié à la valeur de l’entreprise.
Mulroney est aussi resté engagé dans des causes universitaires et hospitalières. Son parcours patrimonial illustre la force d’une deuxième carrière après la vie publique : la réputation, l’expérience de négociation et les relations internationales deviennent des ressources professionnelles. Le chapitre se clôt en 2024 ; les éventuelles évolutions ultérieures des actifs relèvent de sa succession et de ses bénéficiaires.
6. Bill Morneau : 60 millions de dollars canadiens
La fortune personnelle de Bill Morneau est estimée à environ 60 millions de dollars canadiens. L’ancien ministre des Finances, en fonction de 2015 à 2020, arrive en politique après une longue carrière à la tête d’un groupe spécialisé dans les ressources humaines, les retraites et les avantages sociaux.

L’entreprise Morneau Shepell constitue le cœur de son enrichissement. Développée à partir de la société fondée par son père, elle accompagne les employeurs dans des domaines où les contrats peuvent s’inscrire dans la durée. Morneau y construit son expérience de dirigeant et un patrimoine en actions avant d’entrer au cabinet fédéral.
En octobre 2017, la valeur d’environ un million d’actions qu’il détient atteint 21 millions de dollars canadiens. Leur dividende représente alors quelque 65 000 dollars par mois. Ces deux chiffres racontent des choses différentes : les actions forment un capital, tandis que les dividendes constituent le revenu qu’il produit à cette période. Morneau annonce ensuite la vente des titres restants et la mise en fiducie de ses autres actifs.
Un patrimoine d’entrepreneur avant le ministère
Cette séquence est devenue l’un des épisodes financiers les plus commentés de son passage au gouvernement. Elle rappelle qu’un ministre venant du secteur privé peut détenir des intérêts économiques importants dès sa nomination. Le portefeuille constitué avant l’élection est essentiel pour comprendre la fortune de Morneau, bien davantage que le cumul de quelques années de traitement ministériel.
Son épouse Nancy McCain appartient à la famille fondatrice de McCain Foods. Ce lien inscrit le couple dans un milieu entrepreneurial particulièrement prospère, mais la fortune personnelle de Bill Morneau repose ici sur son propre parcours, ses titres et le capital qu’il a accumulé. Les activités du groupe agroalimentaire restent celles de leurs propriétaires respectifs.
Après son départ du ministère en 2020, son expérience continue d’être associée à la finance publique et à la direction d’entreprise. Dans cette sélection, il représente le cas classique d’un dirigeant déjà fortuné qui entre au gouvernement : ses choix professionnels antérieurs ont produit une base patrimoniale durable, indépendamment de la durée de son mandat politique.
7 ex æquo. John Tory : 50 millions de dollars canadiens
La fortune de John Tory est estimée à environ 50 millions de dollars canadiens. Ancien maire de Toronto de 2014 à 2023, il a d’abord développé une carrière dans le droit, les médias et les télécommunications. Cette longue présence dans le secteur privé explique son profil financier.

Issu de la famille associée au cabinet Torys, il y devient avocat et associé dirigeant. Il passe ensuite chez Rogers, où il dirige Rogers Media de 1995 à 1999, puis Rogers Cable de 1999 à 2003. Ces postes se situent au cœur de secteurs en mutation : télévision, distribution de contenus, câble et développement des télécommunications.
Son parcours alterne ensuite politique provinciale, radio et responsabilités d’administrateur. Il dirige l’opposition officielle en Ontario avant de s’imposer à la mairie de Toronto. La familiarité de Tory avec les milieux économiques constitue une partie importante de son image publique, celle d’un gestionnaire capable de parler aussi bien aux entreprises qu’aux institutions municipales.
Rogers, le fil conducteur de sa vie d’affaires
Ses liens avec Rogers se prolongent dans le temps. Il participe au comité consultatif du Rogers Control Trust, structure qui organise le contrôle du groupe. En 2022, la rémunération associée à ce rôle était rapportée à 100 000 dollars par an. Tory revient ensuite au conseil d’administration de Rogers en 2024, et figure dans la documentation de gouvernance de 2026.
Ces activités dessinent une accumulation sur plusieurs décennies : revenus du droit, rémunérations de direction, actions, jetons de présence et placements. Le salaire municipal correspond à une étape de cette histoire, tandis que son capital professionnel et financier s’est constitué sur une période bien plus longue.
Tory partage ici la même fortune estimée que Doug Ford. Les deux hommes se sont affrontés dans la course à la mairie de Toronto en 2014, remportée par Tory. Leur richesse vient pourtant de métiers distincts : cabinets et grandes entreprises de communication pour l’un, industrie familiale de l’étiquette pour l’autre. Deux univers économiques, deux styles politiques, et un même ordre de grandeur patrimonial.
7 ex æquo. Doug Ford : 50 millions de dollars canadiens
La fortune de Doug Ford est estimée à environ 50 millions de dollars canadiens. Premier ministre de l’Ontario depuis 2018, il est l’un des rares responsables de cette sélection qui exerce encore une fonction exécutive majeure. Son histoire financière commence avec Deco, l’entreprise d’étiquettes et d’emballages développée par sa famille.

Son père, Doug Ford Sr., participe à la création de l’entreprise en 1962. La famille construit une activité industrielle présente au Canada et aux États-Unis. Les étiquettes adhésives, les emballages souples et les produits imprimés alimentent une clientèle d’entreprises : derrière un produit discret se trouve un marché de commandes récurrentes et de relations commerciales durables.
Doug Ford prend une place importante dans le développement américain. Les documents publics de 2018 identifient sa propriété de Deco Chicago, tandis que la branche torontoise relève de son frère Randy. Cette répartition est essentielle dans l’histoire du groupe : les différentes activités familiales ne constituent pas une seule société détenue intégralement par Doug.
La vente de Deco Chicago en 2022
En octobre 2022, Resource Label Group annonce l’acquisition de Deco Flexible Packaging, à Chicago. Le site américain avait ouvert en 1999. Le rachat donne une nouvelle étape au parcours entrepreneurial de Ford, après des années consacrées à la croissance des activités d’impression et d’emballage.
Avant Queen’s Park, il a été conseiller municipal de Toronto de 2010 à 2014, pendant que son frère Rob était maire. Il devient ensuite député d’Etobicoke-Nord et premier ministre provincial en 2018. Sa biographie officielle continue de présenter son expérience chez Deco comme un élément majeur de sa carrière.
La famille Ford mêle ainsi plusieurs générations de vie publique et d’entreprise. Pour Doug, la richesse s’enracine dans la propriété d’une activité industrielle et dans les revenus de cette carrière, puis dans le capital issu des opérations réalisées. Son passage à la tête de l’Ontario ajoute une forte visibilité à une histoire patrimoniale qui avait commencé bien avant son premier mandat électif.
9. Justin Trudeau : 10 millions de dollars canadiens
La fortune de Justin Trudeau est estimée à environ 10 millions de dollars canadiens. L’ancien premier ministre a quitté la direction du gouvernement le 14 mars 2025, après près d’une décennie au pouvoir. Son patrimoine associe héritage familial, carrière professionnelle, revenus politiques et conférences.

En 2013, Trudeau révèle un héritage alors évalué à environ 1,2 million de dollars canadiens. Ce capital familial constitue l’un des points de départ de son histoire financière. Il s’inscrit dans une famille connue à la fois pour la carrière politique de Pierre Elliott Trudeau et pour une histoire d’affaires antérieure.
Avant son ascension à Ottawa, Justin Trudeau travaille notamment comme enseignant. Il développe aussi une activité de conférencier : plus de 1,3 million de dollars de recettes cumulées depuis 2006 sont rapportés en 2013. Ces interventions, parfois réalisées après son élection comme député, provoquent alors un débat public sur les organismes qui les financent et sur la place de cette activité dans sa carrière.
Dix-sept années au Parlement, puis un nouveau chapitre
Élu dans Papineau en 2008, Trudeau prend la tête du Parti libéral en 2013 et devient premier ministre en 2015. Il demeure député jusqu’en 2025. Ses années de rémunération publique s’ajoutent à un patrimoine initial et à l’épargne accumulée auparavant. Le développement de sa fortune s’étend donc sur plusieurs périodes professionnelles successives.
Ses mémoires, Common Ground, publiés en 2014, participent également à la construction de son image nationale. Le livre raconte sa famille, son parcours et sa vision du Canada avant son arrivée au pouvoir. Comme chez certains journalistes canadiens, la parole publique et l’édition deviennent des prolongements d’une carrière déjà très visible.
Trudeau incarne une forme de richesse différente de celle des grands propriétaires industriels de cette liste. Son nom et sa notoriété sont considérables ; son patrimoine est celui d’un héritier ayant construit une longue carrière publique. Depuis son départ du gouvernement, il reste une personnalité internationale, mais son ancienne fonction et son traitement de premier ministre appartiennent à la période 2015-2025.
10. Jagmeet Singh : 2 millions de dollars canadiens
La fortune de Jagmeet Singh est estimée à environ 2 millions de dollars canadiens. Son parcours financier se construit autour du droit, des mandats politiques et de l’épargne professionnelle. Ancien chef du Nouveau Parti démocratique de 2017 à 2025, il a d’abord exercé comme avocat criminaliste dans la région de Toronto.

Après des études de biologie, Singh obtient son diplôme de droit à Osgoode Hall en 2005. Il travaille dans un cabinet avant de développer sa propre pratique avec son frère Gurratan. Cette première carrière repose sur une activité professionnelle, des dossiers et des honoraires : elle n’a pas la structure d’un empire industriel ou d’une société technologique vendue à un grand groupe.
Il devient député provincial de Bramalea—Gore—Malton en 2011, puis quitte l’Assemblée législative de l’Ontario en 2017 après son accession à la direction du NPD fédéral. En 2019, il entre à la Chambre des communes comme député de Burnaby-Sud. Son parcours l’amène ainsi de l’Ontario à la Colombie-Britannique, avec une visibilité nationale croissante.
Un livre et une image immédiatement reconnaissable
Ses mémoires, Love & Courage, paraissent en avril 2019. Il y raconte son enfance, sa famille et les épreuves qui ont façonné son engagement. Le livre donne une dimension personnelle à un responsable déjà reconnaissable par son style vestimentaire et sa manière d’occuper l’espace médiatique. L’écriture ajoute un volet éditorial à sa carrière de juriste et de parlementaire.
Les élections de 2025 ouvrent une rupture : Singh est battu à Burnaby-Centre le 28 avril et quitte ensuite la direction du parti. Il ne perçoit donc plus la rémunération attachée à un député exerçant cette responsabilité. La chronologie compte pour comprendre ses revenus : ses années provinciales, son passage à la tête du NPD et ses mandats fédéraux correspondent à des périodes distinctes.
Son profil rappelle que la notoriété politique peut être beaucoup plus grande que le patrimoine. À côté des fortunes issues de participations industrielles, Singh représente une accumulation liée à une profession qualifiée et à plus d’une décennie de mandats publics, avec une vie médiatique particulièrement intense.
Salaire du premier ministre : 435 400 dollars bruts en 2026
Depuis le 1er avril 2026, un député fédéral reçoit une indemnité annuelle de 217 700 dollars canadiens. Le premier ministre bénéficie d’un traitement supplémentaire de même montant : son total annuel brut atteint donc 435 400 dollars. Un ministre fédéral reçoit, pour sa fonction, un supplément de 103 600 dollars, soit 321 300 dollars bruts avec son indemnité de député.
Ces rémunérations correspondent au travail public accompli. L’épargne disponible dépend ensuite de l’impôt, des dépenses et de la durée de la carrière. Les bureaux parlementaires, les équipes et les moyens de déplacement financés pour les fonctions appartiennent à une autre catégorie : ils servent l’exercice du mandat.
Les écarts entre les patrimoines de cette sélection viennent surtout de ce qui précède ou suit la politique. Morneau détenait des actions d’entreprise avant son arrivée au ministère. O’Leary avait développé plusieurs activités avant sa candidature conservatrice. Mulroney a poursuivi une carrière de conseil pendant trois décennies après son départ du gouvernement. Cette diversité se retrouve, avec d’autres parcours professionnels, chez les politiciens les plus riches de France.
Héritage, entreprise, médias : trois voies vers les grandes fortunes
Les Jackman et les Martin montrent le rôle de la transmission : une génération bâtit ou développe une entreprise, la suivante prend les commandes et prolonge les activités. Belinda Stronach illustre une autre étape de cette histoire familiale, celle où des branches se séparent et où chaque dirigeant poursuit sa propre stratégie.
Ford et Morneau rappellent le poids d’entreprises moins spectaculaires que la télévision, mais capables de produire un capital important : emballages, ressources humaines et services aux employeurs. O’Leary, enfin, rend l’investissement visible à l’écran et transforme sa personnalité en atout commercial.
De Toronto à Montréal, des chantiers navals aux studios de télévision, ces fortunes racontent donc bien davantage qu’une grille de salaires. Elles dessinent les liens entre propriété, carrière, réputation et temps long — avec, au sommet, une famille Jackman dont la richesse se compte en milliards et les dons universitaires en dizaines de millions.
À retenir
- Hal Jackman et sa famille dominent cette sélection avec une fortune estimée à 3,7 milliards de dollars canadiens, portée par l’assurance et les placements.
- Belinda Stronach atteint environ 800 millions de dollars canadiens et Kevin O’Leary environ 550 millions, grâce aux entreprises et aux médias.
- Justin Trudeau, ancien premier ministre depuis mars 2025, possède une fortune estimée à 10 millions de dollars canadiens ; celle de Jagmeet Singh atteint environ 2 millions.
- Le patrimoine de Paul Martin et de sa famille inclut la transmission de CSL à ses fils ; les 100 millions associés à Brian Mulroney concernent sa fortune à son décès en 2024.
Méthodologie éditoriale
Les estimations publiées par Lama Fortune s’appuient sur des sources publiques, des références médiatiques et des comparaisons sectorielles. Elles sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil financier.
Sources consultées
Questions fréquentes
Qui arrive en tête des politiciens les plus riches du Canada ?
Hal Jackman et sa famille arrivent en tête de cette sélection avec une fortune estimée à 3,7 milliards de dollars canadiens. Ancien lieutenant-gouverneur de l’Ontario, Jackman a développé un patrimoine ancré dans E-L Financial, l’assurance et les investissements.
Quelle est la fortune de Justin Trudeau en 2026 ?
La fortune de Justin Trudeau est estimée à environ 10 millions de dollars canadiens. Elle réunit un héritage familial, le capital accumulé pendant sa carrière et ses revenus de conférencier. Il a quitté le poste de premier ministre le 14 mars 2025.
Quelle est la fortune de Jagmeet Singh ?
La fortune de Jagmeet Singh est estimée à environ 2 millions de dollars canadiens. Son parcours associe la profession d’avocat, des mandats provinciaux et fédéraux, ainsi que l’écriture. Il a dirigé le NPD de 2017 à 2025.
Combien gagne le premier ministre du Canada en 2026 ?
Depuis le 1er avril 2026, le traitement annuel brut total du premier ministre est de 435 400 dollars canadiens : 217 700 dollars d’indemnité de député et 217 700 dollars de traitement supplémentaire lié à la fonction.
Kevin O’Leary a-t-il été élu au Canada ?
Kevin O’Leary a été candidat à la direction du Parti conservateur en 2017, avant de se retirer de la course. Il n’a exercé aucun mandat électif. Sa fortune estimée à 550 millions de dollars canadiens vient des affaires, des investissements et de la télévision.
Paul Martin possède-t-il encore Canada Steamship Lines ?
Paul Martin a transféré ses intérêts dans CSL à ses trois fils en 2003. L’entreprise appartient à la génération suivante : la fortune estimée à 300 millions de dollars canadiens dans cet article concerne Paul Martin et sa famille.
